Trame verte, améliorer la qualité de la ville

Face à la perte rapide de biodiversité, les scientifiques du monde entier ont consacré l'importance du maintien des habitats des espèces sauvages et de leur continuité. À Roubaix, les transformations de la ville sont l'occasion de créer des passerelles pour la biodiversité qui soient aussi des lieux qui améliorent la qualité de vie des Roubaisiens.

Les objectifs

Le Grenelle de l'environnement fixe comme objectif de stopper la perte de biodiversité, c'est-à-dire la disparition d'espèces du fait de l'emprise grandissante de l'humanité sur les milieux naturels. Pour cela est créée la trame verte et bleue. Elle constitue une zone préservée continue pour que les animaux et les végétaux puissent se déplacer, se nourrir et se reproduire en évitant au maximum les nuisances et pollutions liées à l'activité humaine.

 

L’enjeu pour Roubaix est d'avoir une politique d'aménagement des espaces verts qui réponde équitablement aux besoins sociaux, et donne sa place à la nature en ville. La reconstitution progressive d’un maillage visible et accessible autour des parcs, des places et du Canal constituera à terme la trame verte et bleue. En parallèle, la dédensification laisse des espaces disponibles pour des projets de culture.

Les avancées

La Trame verte et bleue de Roubaix 

Validée en 2012, la Trame verte et bleue de Roubaix définit le projet de développement des espaces verts et de la nature en ville pour les 15 prochaines années.

Sa concrétisation progresse notamment avec :

-          la réhabilitation écologique du Parc Barbieux et la réalisation de l’avenue Cambrai / Montesquieu, le nouveau parc de la teinturerie du Pile,

-          la création du Jardin du Hêtre, cœur de nature et du corridor écologique,

-          l’atteinte de l’objectif de doublement des jardins familiaux,

-          la protection des espaces et des arbres remarquables dans le nouveau Plan Local d’Urbanisme.

Un PLU qui aidera à préserver la nature en ville

Le futur Plan Local d’Urbanisme (PLU) intègre de nombreux éléments apportant une structuration et une réelle protection des éléments de nature à travers la ville. Le nouveau PLU sera présenté en consultation public courant 2018 et actif début 2019.

Les corridors écologiques urbains inscrits dans le PLU

La Ville avait été la première à réaliser un corridor écologique en milieu urbain et définir une trame verte urbaine. La Métropole a intégré au nouveau PLU une trame verte composée de : réservoirs de biodiversité, espaces naturels relais, corridors écologiques, zones tampons. Est intégrée la trame verte roubaisienne et ses principaux corridors écologiques.

Le développement du CBS

Le Coefficient de Biotope de Surface (C.B.S.), inspiré de l’initiative berlinoise et testé sur le corridor écologique le long de la voie ferré, se développe sur Roubaix et se diffuse à d’autres communes dans le cadre du nouveau Plan Local d’Urbanisme. A Roubaix, le secteur s’étend autour du Parc Barbieux et des boulevards Cambrai et Montesquieu. Autre exemple, Lille a également inscrit un secteur avec la mise en place du CBS, même s’il est moins ambitieux qu’à Roubaix. Le CBS impose de maintenir un potentiel écologique sur une parcelle et une construction, tout en laissant libre l’architecte dans ses solutions.  

La protection des arbres remarquables

Sur 28 arbres recensés en ville, 14 ont fait l’objet de fiche IPAP (inventaire du Patrimoine Architectural et Paysager). Les IPAP permettent de protéger ces éléments à valeur patrimoniale. Sont concernés :

- La Ville de Roubaix : 9 arbres (square, école, parking, espaces verts, stade)

- Le Centre Hospitalier de Roubaix : 1 arbre

- Le Conseil Départemental : 3 arbres (centre cepreco, ferme carré)

- Un particulier au Jardin du Hêtre : 1 arbre.

La protection des jardins familiaux 

Les jardins familiaux sont classés au PLU pour en assurer la pérennité. Ainsi, si à l’avenir, ils devaient être supprimés, ils doivent obligatoirement être remplacés.

La protection du caractère verdoyant

Dans la philosophie de dédensification et de protection du caractère verdoyant de certains quartiers, le Coefficient d’Emprise au Sol y est limité à 0,3. Cette règle couvre tout l’arc Sud de la ville, et couvre ainsi le corridor dit aérien.

Réhabilitation et création de nouveaux espaces de nature

Réhabilitation et requalification des principaux espaces verts

La réhabilitation écologique du Parc Barbieux se termine. Parmi les avancées, on peut noter :

-          la naturalisation de 90% des berges,

-          la réduction de 70% de la consommation d’eau,

-          la valorisation des 10 000 m3 de boues des bassins, projet est intégré dans  le programme Sédimatériaux, programme de recherche sur la valorisation des boues de curage avec notamment l’Ecole des Mines de Douai, la Région Nord Pas de Calais, l’Etat,

-          la sécurisation du site et la réduction de l’empreinte automobile.

L’extension du Parc du Brondeloire et la réhabilitation du Jardin du Hêtre (ex-Ferme aux loisirs) sont des espaces majeurs du corridor écologique. Leur réhabilitation a été terminée. Ils intègrent entièrement la double exigence d’ouverture au public et d’apport naturel pour contribuer au développement des espèces animales et végétales.

Création de 3 nouveaux espaces

Le Parc de l’Union est à moitié réalisé. Les bassins (le Drapé) et l’Arboretum sont terminés. 

Les travaux du Parc de la teinturerie ont démarré au cœur du Pile. Il apportera une respiration verte au cœur d’un quartier dense.

A noter, les travaux du boulevard Cambrai-Montesquieu ont intégré une dimension écologique très forte avec la végétalisation des espaces et des pieds de maison, la création d’une piste cyclable et l’apaisement de la voirie.

L’Arbre, objet de toutes les attentions

La Charte de l’Arbre

Avec 13500 arbres et un grand Prix de l'Arbre en 2002, Roubaix souhaitait poursuivre ses efforts en matière de protection de son patrimoine arboré. Une Charte de l'Arbre a donc été signée en 2012, document d'engagement concerté avec les principaux partenaires que sont les bailleurs, les concessionnaires, les entreprises, les associations... Elle est partagée par les 8 autres communes du territoire roubaisien et, depuis fin 2017, la Ville de Tourcoing et ses communes limitrophes ont signé leur Charte inspirée de la roubaisienne.

Dans ce cadre, un réseau de techniciens des villes signataires a été officialisé, il permet :

- la facilitation des échanges (réunions, visites de chantiers),

- le partage d'ingénierie (sur la base du modèle en commun de gestion) en matière d’outils de gestion (protection chantier, barème d'évaluation, CCTP, ...), de conseils et concertation (analyse visuelle, taille-abattage, PBI, litiges, arbres remarquables, ...),

- des formations en commun : "Voyage au centre de l'arbre", haubanage, taille de formation, dialogue avec les riverains, ...

La protection des arbres remarquables

A la suite de la campagne de recensement des arbres remarquables, 14 des 28 arbres font l’objet d’une protection règlementaire encadrée par les Inventaires de patrimoine (IPAP).

Le SIG des arbres

Désormais près de 80% du patrimoine arboré public a été fiché dans un SIG spécialement dédié aux arbres. Il reprend les caractéristiques, les éléments sanitaires du sujet, les interventions, … Ainsi chaque arbre est suivi pour une meilleure gestion. Prochainement, les données recueillies pourront être consultables par le public et les professionnels.

Une végétalisation de la ville plus durable 

Des choix de végétaux plus adaptés

Progressivement, les végétaux plantés évoluent : moins consommateurs d’eau, plus locaux et plus robustes :

-     utilisation de végétaux régionaux,

-     réorganisation du plan de fleurissement par des vivaces et des arbustes : 40000 plantes annuelles évitées, naturalisation de bulbes

Concernant l'utilisation de plantes régionales, la Ville sensibilise également les maîtrises d'oeuvre, les bailleurs et les investisseurs privés via les dépôts de PC, les réunions et les échanges informels.

La gestion différenciée et la lutte biologique

Depuis 2005, la Ville a engagé une démarche d’écogestion des espaces verts :

-     0 phytosanitaire dans les serres depuis 2008 pour une production de 160 000 fleurs grâce à la protection biologique intégrée.

-     0 phytosanitaire dans la gestion des espaces sauf pour le cimetière (en cours) et les équipements sportifs, et cas exceptionnels.

-     la protection biologique intégrée sur les alignements d’arbres, contre les pucerons et les cochenilles, testée depuis 3 ans. Désormais, les insectes prédateurs se sont installés ; il n’y a donc plus aucun traitement pour les arbres.

-     la limitation des intrants par les techniques de paillage à base de lin, chanvre, déchets de taille ; le désherbage thermique ou mécanique ; l’enherbement de pied d’arbre ; l’utilisation de la binette ; l’utilisation de produits naturels (ex : purin).

Après une difficile appropriation de la gestion différenciée, le cimetière fait l’objet de travaux de remise en état et d’un nouveau plan de communication sur la lutte biologique, la présence de ruches, etc. 3 carrés d’essai ont été mis en place avec des graminées ou du sédum pour réduire le recours aux phytosanitaires tout au étant mieux comprise du public.

La participation des habitants à la végétalisation

La convention de végétalisation avec les particuliers

Les habitants sont autorisés par convention avec la Ville à entretenir et végétaliser de l’espace public. Cette démarche a notamment été mise en place boulevard d’Armentières et sur le boulevard Cambrai/Montesquieu. Elles ont débutées en juillet 2014 avec 7 riverains, auxquels s’est rajoutée l’association Entre 2 Parcs qui mobilise les particuliers du boulevard Cambrai Montesquieu sur le suivi des plantations au pied de leurs maisons.

L’opération « Totems verts »

Mis en œuvre avec l’association Angle 349, près de 100 habitants ont bénéficié de ce service de pose de plantes grimpantes sur les façades. Suspendue en 2016, l’opération des totems verts devrait reprendre en 2018.

Les jardins privatifs

Dans une ville dense comme Roubaix, les habitants aspirent fortement à un peu de verdure. Ainsi, autant que possible, des jardins privatifs ont été rétrocédés aux habitants en location-vente sur 5 ans. Ils représentent à eux seuls plus de 1000 parcelles sur une superficie de plus 7 ha.

La stratégie "Ville nourricière"

La stratégie Roubaix, ville nourricière

Les Roubaisiens aspirent à pouvoir cultiver un petit espace de terre. La démarche de dédensification de la ville apporte de nouvelles opportunités. La mobilisation des acteurs locaux, et notamment des bailleurs sociaux, complète le dispositif. Validée en octobre 2017, la stratégie Ville nourricière propose notamment de :

- travailler à la création d’un environnement favorable à l’implantation de l’agriculture urbaine (politique foncière, cadre juridique sécurisé, etc.) ;

- accompagner les acteurs et les porteurs de projet, en particulier relevant de l'ESS ;

- mettre en place des projets "pilotes" et/ou lancer un appel à projet pour les mettre en œuvre ;

- animer et sensibiliser les acteurs locaux à l'agriculture urbaine.

Roubaix est une des rares collectivités à disposer d’une réelle stratégie de développement de l’agriculture urbaine. Aussi, elle renforce sa place de territoire d’initiatives sur la métropole et comme site d’expérimentation. D’ores et déjà, les expériences et les apprentissages sont partagés avec la Métropole Européenne de Lille pour être capitalisés et servir à l’élaboration d’une stratégie métropolitaine. 

Le doublement et la pérennité des jardins familiaux atteints

La Ville propose aux habitants des jardins familiaux aménagés et équipés afin de faire bénéficier le plus grand nombre d’un espace de culture potagère. Aujourd’hui, on dénombre 25 jardins familiaux et 10 partagés (près de 340 parcelles) gérés par 20 structures associatives au plus proche des quartiers.

Ainsi, 9 nouveaux jardins ont été créés entre 2014 et 2017. Ces aménagements permettent d’augmenter l’offre de parcelles potagères et de réduire autant que possible la liste d’attente toujours élevée. De nouveaux sites sont à l’étude pour environ 4000m².

La majorité des jardins familiaux sont classés et protégés par le nouveau Plan Local d’Urbanisme actif à compter de 2019.  

La gestion du dispositif et l’attribution des parcelles sont toujours coordonnés par la Ville pour assurer la transparence et la régularité des démarches.

Des projets d’agriculture urbaine qui se structurent

En parallèle des jardins familiaux et partagés, d’autres types de projets avancent :

-          Projet d’implantation de Macadam Farm sur le site de l’ex-Secours Populaire, implantation prévue en 2018 (1000m²). Il s’agit d’une activité de culture de légumes hors sol en aquaponie.

-          Projet de création d’une ferme circulaire sur le site de Soubise par la Ferme du Trichon. Le projet se structure progressivement (8000m²).

-          Projet de création d’une activité agricole urbaine sur le site EPF/MEL de Nord Eclair. L’idée d’une expérimentation semble acquise par les partenaires institutionnels (2,5 ha).

-          Projet de création de mini-parcelle de jardins en pied d’immeuble par Astuce et LMH, résidence de la rue de Mouvaux. Les travaux ont débuté. (1000m²). Partenord et Vilogia sont également en discussion avec la Ville pour initier ce type de projet sur certains de leurs sites.

-          Projet de cultures sur les toits avec la Condition publique,

-          Etc.

La Journée de la Récolte, nouveau moment de fête

Fin septembre 2017, les acteurs locaux ont été mobilisés pour participer à la Journée de la récolte. Il s’agit de la période des vendanges, de la récolte du miel ou du pressage des pommes. Cette première édition s’est appuyée sur les jardins existants et les initiatives associatives. Dans les années futures, et avec le développement des projets de culture, les bailleurs sociaux ou les acteurs économiques pourront s’y associer. 

Les abeilles bienvenues

Le rucher école

Depuis 6 ans, avec la Maison du Jardin, il est proposé des formations de type « rucher-école » pour environ 10 personnes par session ; elles se déroulent sur une durée de 5 mois. Pour permettre l’implantation de ruches, la Ville apporte une subvention de 300 € aux particuliers, qui prend en charge l’acquisition de la ruche et son suivi sanitaire. La Ville met également à disposition de ces particuliers des espaces pour leurs ruches.

Le rucher communautaire

Le rucher communautaire a été installé au cimetière de Roubaix en 2012. Cet espace proposé aux particuliers ayant suivi une formation d’apiculture mais n’ayant pas la possibilité d’héberger une ruche chez eux permet d’accueillir 10 ruches. 5 personnes bénéficient aujourd’hui de ce rucher. D’autres sites sont recherchés pour ouvrir le nombre de bénéficiaires.

Le développement des ruches en ville

Sur Roubaix, ce sont près de 35 ruches implantées dans des établissements scolaires, des sites associatifs, le cimetière, etc.

Contact

Service Développement durable
Hôtel de ville
17 Grand'place
59100 Roubaix
Tél. : 03 20 66 47 72
Ouverture du mardi au samedi matin